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La côte calabraise : entre mer ionienne et mer tyrrhénienne

  • Photo du rédacteur: Sophie
    Sophie
  • 17 avr.
  • 4 min de lecture

La Calabre a un secret que beaucoup de voyageurs ne réalisent qu'en arrivant : elle a deux mers. À l'est, la mer Ionienne — plate, profonde, d'un bleu presque violet sous le soleil de midi. À l'ouest, la Tyrrhénienne — plus vive, plus découpée, avec ses falaises de tuf blanc et ses criques cachées entre deux promontoires. Deux caractères bien distincts, deux ambiances que tout oppose, une seule région pour les réunir. Chaque été que je passe en Calabre, je me dis que je vais finir par choisir mon camp. Et chaque été, je n'y arrive pas.


Pizzo
Pizzo

La mer Ionienne : l'infini au bout des yeux

La côte ionienne s'étire sur plus de 500 kilomètres, de Sibari au nord jusqu'à Reggio de Calabre au sud. C'est une côte longue, souvent rectiligne, bordée de plages de sable fin qui semblent ne jamais finir. Pas spectaculaire au premier regard — mais envoûtante, avec cette lumière particulière qui fait vibrer l'horizon en fin d'après-midi.

Capo Rizzuto et sa zone marine protégée sont l'un des joyaux de cette côte. Les eaux y sont d'une clarté exceptionnelle, les fonds marins riches et préservés. C'est l'un des rares endroits en Méditerranée où l'on peut encore croiser des tortues Caretta caretta venues pondre sur les plages — un spectacle que l'on n'oublie pas.

Plus au sud, la Riviera dei Cedri tire son nom des cédrats — ces agrumes énormes et parfumés cultivés sur les terrasses en bord de mer depuis l'Antiquité. Les villages qui s'égrènent le long de cette côte, comme Amendolara ou Roseto Capo Spulico avec son château aragonais les pieds dans l'eau, ont une douceur particulière, presque anatolienne.

Et puis il y a Locri, Siderno, Marina di Gioiosa Ionica — des stations balnéaires populaires, animées en été, où la Calabre en vacances se retrouve autour d'une granita au citron et d'une partie de pétanque sur le front de mer. Moins glamour, mais terriblement vivantes.


La mer Tyrrhénienne : le spectacle et le secret

La côte tyrrhénienne, c'est une autre histoire. Plus courte, plus découpée, elle alterne falaises de tuf, criques inaccessibles et petites villes accrochées à des promontoires. C'est la côte des cartes postales — et elle le mérite.

Tropea en est la reine incontestée, avec sa falaise blanche et son église suspendue au-dessus de la mer. Mais si Tropea concentre l'attention, les villages alentour méritent qu'on s'y attarde. Pizzo, avec ses ruelles qui dégringolent vers le port et sa célèbre tartufo — cette boule de glace au chocolat fourrée à la crème de noisette que l'on mange debout sur les marches de la piazza — est l'un de mes arrêts obligatoires à chaque été.

À quelques kilomètres au sud de Tropea, Capo Vaticano est l'un de ces endroits qui coupent le souffle même quand on croit ne plus être surpris. Le promontoire rocheux plonge dans une mer d'un turquoise presque indécent, et les criques qui s'enchaînent à ses pieds — Grotticelle, Tono, Riaci — comptent parmi les plus belles plages de toute l'Italie du Sud. Ce qui rend Capo Vaticano particulier, c'est ce contraste permanent entre la sauvagerie des rochers et la douceur de l'eau — on s'y sent à la fois au bout du monde et parfaitement bien.

Scilla, tout au sud, est peut-être la plus belle de toutes. Le rocher de Scylla qui surgit de la mer, le quartier de pêcheurs de Chianalea où les maisons ont les pieds dans l'eau, les barques colorées amarrées sous les fenêtres — c'est une image d'une Italie du Sud intemporelle, presque irréelle. Homère la citait déjà dans l'Odyssée, et en la voyant, on comprend pourquoi elle a nourri les mythes.

Plus au nord, Diamante — la ville du peperoncino — étonne par ses murales : des centaines de fresques peintes sur les murs de la ville depuis les années 1980, transformant chaque ruelle en galerie d'art à ciel ouvert. Un détail inattendu qui dit beaucoup sur l'âme créative de cette région.


Le détroit de Messine : là où les deux mers se rencontrent

À l'extrême pointe sud de la Calabre, face à la Sicile, le détroit de Messine est un lieu à part. Depuis le front de mer de Reggio de Calabre, par temps clair, la Sicile semble si proche qu'on croirait pouvoir la toucher. Le détroit est traversé par des courants puissants, et par temps de brume, il se couvre d'un phénomène optique rare — la Fata Morgana — un mirage qui fait apparaître des villes et des châteaux flottants au-dessus des eaux. Les marins grecs pensaient voir des visions. On les comprend.

Reggio elle-même mérite une journée entière, ne serait-ce que pour le Musée national de la Magna Graecia qui abrite les Bronzes de Riace. Voir ces deux guerriers de bronze face à face, dans toute leur perfection silencieuse, est une expérience qui relativise beaucoup de choses.



Quand partir ?

La mer calabraise est à son meilleur en juin et en septembre — l'eau est chaude, les plages respirent, les prix sont raisonnables. Juillet et août sont animés et joyeux, mais les meilleures adresses affichent complet et les routes de la côte tyrrhénienne peuvent devenir éprouvantes.



Chez Amare Voyages, je construis des séjours qui font honneur aux deux côtes — avec les bonnes bases, les bonnes plages, et les bonnes raisons de quitter le bord de mer de temps en temps. Parce que la mer calabraise est magnifique, mais ce qu'il y a derrière elle l'est tout autant.


 
 
 

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